José Bové parle longuement de la démocratie. Et fait des propositions pour mettre en place une démocratie participative, une démocratie citoyenne, qui ne soit pas bidon.
Par pierre le vendredi 27 avril 2007, 23:25 - José Bové, (notre) candidat rebelle - Lien permanent
José Bové, (notre) candidat rebelle Le livre “candidat rebelle” : de la
vraie politique. lundi 5 mars 2007, par Roger Dubien
José Bové, (notre) candidat rebelle Le livre “candidat rebelle” : de la vraie politique. lundi 5 mars 2007, par Roger Dubien
José Bové vient de publier un livre : “Candidat rebelle” (Hachette, 180 pages, 13 euros). L’ayant lu (et ce livre se lit vite parce qu’il est écrit d’un façon simple et directe, sur le ton de la conversation), je veux en recommander la lecture, parce qu’il parle franchement de choses fondamentales, et aide à comprendre le sens de la candidature collective José Bové à l’élection présidentielle. C’est un livre pour faire de la politique - de la vraie - ensemble. A lire, pour discuter... Être un candidat “utile pour battre la droite et l’extrême droite”, “utile pour refonder l’espoir d’une alternative à gauche”,pour donner une impulsion à la gauche alternative, à la gauche de transformation sociale : voilà l’ambition de José Bové. Une gauche sans illusions et sans concessions sur la logique économique libérale. “On la dénomme “antilibérale”, mais je préfère le terme “alternative”. Au fond, “une gauche de gauche”, comme le demandait Bourdieu. “Le souhaitable est possible, ici et maintenant, à condition de mettre fin au dogme économique libéral”. Oui Bové a changé d’avis sur l’attitude à avoir par rapport aux questions du pouvoir. Il explique dans quelles conditions et pourquoi. “... Certains théorisent cette nouvelle donne en contestant, de manière définitive, l’intérêt même d’investir le champ du politique. Selon eux, le salut viendrait d’un repli sur le local, d’une subversion à la base de l’économie de marché”... Bové adhère à cette logique et l’a d’ailleurs mise en oeuvre dans le Larzac, “mais ça ne suffit pas”. Pas plus que ne suffit l’action à l’échelle internationale dans laquelle il s’est très impliqué aussi... “La séparation traditionnelle des rôles entre l’action dans la rue et la gestion dans les cabinets ministériels est désormais frustrante.... Il ne reste plus au mouvement social, dans ses formes multiples et diverses, qu’à tracer lui-même le chemin de la conquête du pouvoir, en comptant avant tout sur ses propres forces.” Deux fois dans le livre, José Bové parle d’Evo Morales, le président bolivien, “qui a revendiqué au milieu des années 1990 le passage de la résistance au pouvoir (...) La réappropriation de l’outil démocratique par les plus défavorisés de la société bolivienne pour conquérir le pouvoir et mettre en oeuvre une politique de rupture avec les logiques économiques libérales”. Et a été élu dès le 1er tour président de la République en décembre 2005. La multiplication des candidatures à la gauche du PS est avant tout le résultat du patriotisme d’appareil ou/et de l’ambition gouvernementale. “Notre ambition est de donner un socle électoral durable à la gauche alternative (...) Notre stratégie est de battre la droite et l’extrême droite et de changer la donne à gauche (...) Nous ne considérons pas possible pour l’heure, d’envisager un accord de gouvernement avec un Parti socialiste dominant. Mais nous n’hésiterons pas à choisir la gauche contre la droite au second tour.” Construire une campagne populaire mettant au centre des préoccupations les moyens collectifs d’en finir avec l’insécurité sociale généralisée et l’exercice incontrôlé du pouvoir... Le programme ? Un autre monde est possible ! Il précise plusieurs priorités : l’urgence sociale, instaurer nouveau mode de développement, la démocratie, la refondation de la construction européenne, l’action au plan international contre les politiques de libéralisation, et l’égalité hommes/femmes. “Tout cela est souhaitable, tout cela est possible”. José Bové lance un appel au peuple, aux ouvriers et employés, à ces “invisibles” (dans les médias, dans la politique officielle) de la société française : les couches populaires. Il les appelle à “l’insurrection électorale”. Les inégalités ne cessent de se creuser. Mais un patron vaut-il 300 fois un smicard ? Il propose la rupture plutôt que la régulation du capitaliste ultralibéral. L’ordre juste de S. Royal ? Attention à la perte des repères idéologiques ! Il faut faire autre chose que ce qu’a fait la gauche plurielle et sa politique qui a abouti à 2002. L’ordre capitaliste est toujours injuste. José Bové parle longuement de la démocratie. Et fait des propositions pour mettre en place une démocratie participative, une démocratie citoyenne, qui ne soit pas bidon. Il rappelle qu’il est possible que tout le monde ait un logement et des papiers. Il redit ce qui est en jeu avec les OGM (en demandant un moratoire et un référendum) et explique sa position sur le nucléaire en plaidant “pour une sortie progressive du nucléaire”, et pour le désarmement nucléaire. Il faut lire les quelques pages consacrées à l’EPR destiné à remplacer dans 10 à 20 ans les 58 réacteurs nucléaires aujourd’hui en service en France... Il s’explique aussi sur la désobéissance civique. Enfin, au plan mondial aussi, un autre monde est possible. Autre que L’OMC, l’AGCS et le démantèlement programmé des services publics. José Bové est au coeur de cette résistance depuis des années. Europe : une assemblée constituante européenne est nécessaire, car il faut donner un nouveau souffle au projet européen. Agriculture : José Bové rappelle la destruction des agricultures des pays du Sud. Et milite pour la souveraineté alimentaire, comme Jean Ziegler... C’est en citant Evo Morales à la tribune de l’ONU en septembre 2006 que se conclut le livre : “vivre bien c’est vivre dans la fraternité. (...) les pauvres viennent d’une culture de vie et non pas d’une culture de guerre et ce millénaire devra vraiment défendre la vie, sauver l’humanité. Ce millénaire doit être un millénaire de vie, pas de guerre, un millénaire des gens et pas d’empire, un millénaire de justice et d’égalité.” “Je n’ai pas un mot de plus à ajouter” conclut Bové. C’est vrai que l’essentiel a été dit. En refermant le livre on se dit que José Bové peut être le candidat personnel... de millions d’entre nous.
José Bové à Décines vendredi soir...
Deux mots sur le meeting de José Bové au Toboggan à Décines, dans l’agglo lyonnaise ; ce vendredi soir. D’abord, beaucoup de monde, pour cette soirée sous le signe des questions posées dans les quartiers et les banlieues ! Dans une belle salle de 650 places assises, au moins 800 personnes, peut-être pas loin de 1000 avec toutes celles et tous ceux assis dans les travées, debout en haut, en bas, assis sur la scène derrière les intervenants. Ici pas de frime ni de mise en scène. Simplicité et authenticité. Au fond ça ressemble à José Bové et José Bové ressemble à ceux qui sont là. Pas de discours fleuve, il réagit aux témoignages et interventions qui se succèdent... Viennent ainsi parler et s’asseoir à la tribune (des chaises en arc de cerle) à l’invitation de Mahmoud Kalkoul qui anime cette soirée, un élu adjoint communiste de Décines puis quelqu’un du collectif de Vaulx en Velin. Juste avant, on avait vu un film fait à Vaulx avec une jeune fille sans papiers réfugiée arménienne... José Bové a passé l’après-midi à Vaulx, pour rencontrer des habitants et des associations. Ensemble, il ont déposé une gerbe en mémoire de Thomas Claudio, ce jeune mort il y a 17 ans. José Bové a dénoncé la gestion policière des banlieues. “La république de Sarkozy devient une véritable dictature policière”. On a ensuite entendu les témoignages de Maguy (du Collectif 69 de soutien au peuple Palestinien) : est-ce qu’on va faire respecter et appliquer le droit international ? De Marie-Lou, militante au sein du réseau universitaire sans frontières, qui se bat contre les expulsions de 3 étudiants étrangers (Souad qui vient d’être expulsée, Li et un autre, ont été emmenés en centre de rétention), qui appelle à changer radicalement de politique par rapport aux étudiants étrangers. Roland Veuillet est là aussi et il témoigne, après sa grève de la faim, de la répression anti-syndicale, et aussi de l’entrée du Medef dans l’éducation. Viennent ensuite deux jeunes femmes du “Ministère de la crise du logement”, qui occupe avec 66 personnes sans logement un immeuble du 3ème à Lyon, et du nouveau collectif DAL qui soutient et appelle à une manifestation le 10 mars à Bellecour. “Pas d’expulsion sans relogement !”. Quelqu’un rappelle ce chiffre qui vient de tomber : 550 000 “pauvres” en rhône-alpes... On entendra aussi Saïda, qui demande un renouveau politique, un jeune qui vient parler de bio-vision (coût du forum 4,3 millions d’euros dont une bonne partie d’argent public !) et du contre-forum qui se prépare, un autre de la manifestation du 17 mars contre l’EPR... Montent aussi sur scène deux jeunes rappeurs de Vaulx en Velin. Francine Bavay, qui accompagne José Bové : “nous sommes en train de construire une campagne citoyenne. De rendre la politique à ceux qui en ont besoin. On a un besoin urgent de politique, c’est un mode de vie”. Omeyya Seddick appelle à s’opposer à cette guerre entre les pauvres que les dominants sont en train de construire. La candidature de José Bové est contre ça, pour enrayer ça, “il y a dans ce pays des gens qui vont empêcher qu’ils nous implantent la guerre partout, il possible de mettre en commun quelque chose, un rêve qu’on construit tout de suite ensemble.” Il explique que c’est ça d’abord la différence avec les candidatures de O. Besancenot et MG Buffet : ce n’est pas pour demain, après le jour J de la révolution : c’est tout de suite, au quotidien, qu’on change la réalité et notre vie. Pour le logement, José Bové demande simplement l’application de l’ordonnance de 1945 : il existe aujourd’hui des centaines de milliers de logements vides, alors que des centaines de milliers de logements sont indécents. S’ils ne veulent pas appliquer de 1945, on est conduit à désobéir aux autorités et à appliquer la loi soi-même. José Bové a beaucoup parlé de la démocratie. Mettre fin à l’élection présidentielle au suffrage universel, élire les députés à la proportionnelle, contrôler les élus, redonner la parole aux gens pour réécrire la constitution dans les quartiers... Le sens de sa candidature ? Il faut se réapproprier le bulletin de vote pour qu’il se transforme en insurrection électorale. C’est une candidature collective. Je suis un nom sur un bulletin de vote. Ma candidature est un trait d’union. Tout le monde ici est un porte parole de la campagne.. Il a annoncé qu’on en était maintenant à 400 parrainages. Contre nous on a des appareils politiques, des partis qui n’ont pas envie qu’on vienne déranger leur rond-rond. Le 7 mars sera une journée nationale pour les parrainages... A Décines, on a parlé du monde, José a parlé de son récent voyage au Mali, des raisons pour lesquelles des Africains quittaient leur pays. “Nous sommes tous frères. Nous devons construire notre avenir aujourd’hui, pas dans le futur...” Il a parlé de la Chine, “... le meilleur modèle pour le capitalisme mondial : libéralisme économique et dictature politique.” 400 millions de paysans risquent d’être chassés dans les 10 ans à venir. Le ministre de l’agriculture chinois le lui a avoué : ils ne savent pas ce qui se passera. Si on continue comme ça, c’est insoluble, et jamais l’humanité n’a connu ça. Ce lundi, José Bové va parler de l’agriculture, mais pas au salon à la gloire de l’agriculture productiviste : dans sa ferme du Larzac. Il a rappelé que 50 000 emplois disparaissent chaque année en France dans l’agriculture... La soirée de Décines : ce qui y a été dit, le nombre et la grande diversité des présents, l’engagement de José... forgent l’impression que la candidature de José Bové tient la route. José Bové peut être le candidat personnel et commun de centaines de milliers de personnes qui sont impliqués dans les combats les plus divers, et qui ont en commun l’engagement pour la vie, pour la solidarité. Comme quelqu’un l’a dit à Décines : “c’est peut-être la première fois que nous allons pouvoir voter pour nous, en votant José Bové”...